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Le Groupement Forestier d'Investissement (GFI) permet d'investir dans des forêts tout en cumulant plusieurs avantages fiscaux : un crédit d'impôt sur le revenu de 25 % (« DEFI-Forêt »), un abattement de 75 % sur les droits de succession (l'« amendement Monichon ») et, sous réserve d'éligibilité du véhicule, une exonération partielle d'IFI. Un cumul rare, en contrepartie d'un placement de long terme, peu liquide et risqué. Voici l'essentiel.
Le principe : investir dans la forêt
Un GFI est une société civile qui détient et gère un patrimoine forestier (parcelles de bois et forêts). En achetant des parts, vous devenez copropriétaire indirect de forêts, dont les revenus proviennent de la vente de bois et, parfois, d'activités annexes (chasse, captation carbone).
C'est un placement de diversification : peu corrélé aux marchés financiers, adossé à un actif réel et tangible. Mais c'est aussi un placement de très long terme : la forêt se valorise lentement, et la liquidité des parts est limitée.
Son intérêt principal n'est pas le rendement courant (souvent modeste, de l'ordre de 1 à 2 % par an), mais l'empilement d'avantages fiscaux sur l'impôt sur le revenu, la transmission et l'IFI — à condition de respecter des engagements de gestion durable.
Le crédit d'impôt sur le revenu (DEFI-Forêt)
La souscription de parts de GFI ouvre droit à un crédit d'impôt sur le revenu de 25 % du montant investi (dispositif « DEFI-Forêt », art. 200 quindecies du CGI), la souscription étant retenue dans la limite de 6 250 € pour une personne seule et 12 500 € pour un couple soumis à imposition commune.
Le crédit d'impôt annuel maximal est donc de 1 562,50 € pour une personne seule et 3 125 € pour un couple. S'agissant d'un crédit — et non d'une réduction —, l'excédent par rapport à l'impôt dû est restitué. Il entre dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 €/an (art. 200-0 A du CGI).
Le maintien du crédit d'impôt suppose de conserver les parts jusqu'au 31 décembre de la 8ᵉ année suivant la souscription et de respecter les engagements de gestion durable de la forêt. Le dispositif est prévu jusqu'au 31 décembre 2027 ; son échéance peut évoluer d'une loi de finances à l'autre : faites confirmer les paramètres en vigueur avant de souscrire.
La transmission : l'abattement Monichon de 75 %
C'est l'atout le plus puissant du GFI. L'amendement Monichon (art. 793 du CGI) permet, sous conditions, un abattement de 75 % sur la valeur des parts de groupements forestiers pour le calcul des droits de succession et de donation, sans limite de montant.
Concrètement, seuls 25 % de la valeur des parts sont soumis aux droits de mutation. Sur un patrimoine forestier important, l'économie de droits peut être considérable — ce qui fait du GFI un outil de transmission très recherché.
La contrepartie est un engagement de gestion durable de la forêt (présentation d'un document de gestion, engagement de plusieurs décennies pour la pleine exonération). Cet abattement de 75 % se cumule avec les abattements de droit commun applicables aux donations et successions.
L'exonération d'IFI
Troisième avantage — à vérifier au cas par cas : les bois et forêts et les parts de groupements forestiers peuvent être exonérés d'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) à hauteur de 75 % de leur valeur, sous engagement de gestion durable de 30 ans (art. 976 du CGI).
Attention toutefois : la doctrine fiscale tend à réserver cette exonération aux forêts détenues en direct et aux parts de GFF (groupements fonciers forestiers « classiques ») et à en exclure les GFI agréés AMF, considérés comme des véhicules de placement collectif. Si l'IFI est votre motivation principale, faites vérifier l'éligibilité du véhicule envisagé avec un professionnel.
Comme pour la transmission, cette exonération — lorsqu'elle s'applique — est subordonnée au respect des engagements de gestion durable. C'est la cohérence d'ensemble du dispositif : la fiscalité avantageuse récompense la préservation et l'exploitation responsable de la forêt française.
Points de vigilance
Un placement peu liquide et de long terme. Les parts de GFI se revendent difficilement et l'horizon recommandé est d'au moins 8 à 10 ans, souvent davantage. Ce n'est pas une épargne de précaution.
Un risque de perte en capital. La valeur des forêts et du bois peut baisser ; les aléas climatiques (tempêtes, incendies, maladies) et sanitaires affectent directement l'actif. Le rendement courant est faible.
Des avantages conditionnés. Crédit d'impôt, Monichon et exonération d'IFI supposent tous le respect d'engagements de gestion durable dans la durée. Une rupture peut faire perdre l'avantage concerné.
Des frais à surveiller. Frais de souscription et de gestion peuvent peser sur la performance. Une estimation indicative puis une étude par un professionnel agréé (et un notaire pour la transmission) sont indispensables avant d'investir.
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